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Monnayage

L’atelier de Mâcon au moyen-âge :

Le comté de Mâcon fait partie du royaume de France dès 1239, lorsqu’Alix, veuve de Jean de Brenne, dernier comte de Mâcon, vend le territoire au roi de France Louis IX, Saint-Louis. Néanmoins, la ville de Mâcon obtient le privilège de conserver son atelier monétaire car celui-ci était le premier atelier royal de la région.

En 1389, sous le règne de Charles VI (1380-1422) et pendant la guerre de Cent Ans, on crée un système de « points secrets » afin de différencier les multiples ateliers monétaires. Mâcon se voit attribuer le point 12e, c’est-à-dire un point placé après la douzième lettre de la légende de l’avers et du revers. Il ne faut cependant pas le confondre avec les deux points (:) qui séparent les mots de la légende.

Blanc « Guénar » de Charles VI (1380-1422) - (Photo Benoit Mahuet, Musées de Mâcon)

Blanc « Guénar » de Charles VI (1380-1422) – (Photo Benoit Mahuet, Musées de Mâcon)

Ce blanc « Guénar », monnaie créée en 1385, sous le règne de Charles VI (1380-1422) porte au revers un point 12e désignant l’atelier de Mâcon : légende « SIT : NOME : DNI : BENEDICTV » (traduction : « Que le nom du seigneur soit béni »).

Le comté de Mâcon est un territoire stratégique pour les rivaux de la guerre de Cent Ans. La frappe des monnaies devient un enjeu politique et économique. Le monnayage est une source de revenus certaine, la valeur attribuée à la monnaie dépassant la valeur brute du métal. L’atelier royal de Mâcon concurrence alors celui du duc de Bourgogne à Dijon. Il bénéficie de l’important marché de la ville de Lyon.

En 1413 est décidé le transfert de l’atelier de Mâcon à Lyon, cependant celui-ci subsiste après cette date car la ville passe sous occupation bourguignonne. Sa fermeture définitive n’arrive que bien plus tard et le point 12e, qui a évolué en trèfle, devient alors le différent de l’atelier de Lyon.

Le roi d’Angleterre Henri VI (1422-1461 puis 1470-1471) émet quelques monnaies à Mâcon (salut d’or et blanc d’argent aux écus), de 1422 à 1435. À cette époque peu de monnaies sont frappées dans la cité, l’atelier a une production beaucoup plus faible car il est concurrencé par celui de Lyon.

Lors du traité d’Arras, en 1435, les revenus de l’atelier de Mâcon reviennent au duc de Bourgogne. L’atelier ferme définitivement en 1475 et ses bâtiments sont cédés aux chanoines de Saint-Pierre.

La Frappe au marteau :

De l’Antiquité  au Moyen Âge, les monnaies sont frappées manuellement, à l’aide d’un marteau. L’artisan frappe sur des coins (gravés en creux) qui, en comprimant un petit disque de métal, le flan, créent une monnaie. Chaque monnaie frappée est donc unique.

Il faut deux coins pour « battre monnaie » : le coin mobile appelé avers, qui représente la puissance émettrice, un portrait ou une croix ; et un second coin, fixe,  appelé revers ou pile. Cette pratique a donné naissance à l’expression « pile ou face ».  Les coins sont réalisés par un graveur.

La légende, en latin jusqu’à la Révolution, comprend la titulature : le nom et les titres des souverains.

Sur les monnaies frappées, la tranche, pourtour circulaire de la monnaie, est irrégulière. Les monnaies du Moyen Âge ont souvent été rognées pour  enlever le métal à la périphérie de la pièce.

Les pièces de monnaies sont frappées dans un atelier, indiqué par le nom de la ville ou un signe distinctif, le différent.

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