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Georges Prade, une singulière médaille d’Alexandre Morlon

par gilles Marchand

S’il existe une médaille dont Alexandre Morlon aurait pu regretter la création, il s’agirait très probablement de la médaille consacrée à Georges Prade (1904-1992).

Georges Prade - Médaille d'Alexandre Morlon

Georges Prade – Médaille d’Alexandre Morlon

Cette rare médaille datant des années 1930 est pourtant très réussie avec le buste de Georges Prade portant des lunettes à l’avers et les armoiries de la ville de Paris au revers.

Ces armoiries, avec la nef voguant sur les flots symbolisent la corporation des Nautes dont l’influence était très importante dans la ville au moyen-age. Elles sont accompagnées de la devise de la ville  « Fluctuat nec mergitur » (Est battu par les flots mais jamais ne sombre).

Cette médaille détonne cependant de toutes les autres réalisés jusqu’alors par Alexandre Morlon. Pour une fois, le sujet de la médaille est un homme jeune (30 ans) et son objet est ni commémoratif, ni honorifique.

En effet, cette plaquette peut être assimilée à une carte de visite avec le nom et la représentation de Georges Prade à l’avers et ses fonctions politiques au revers (conseiller municipal et vice-président du Conseil général de la Seine) au revers, rehaussée des armoiries de la ville de Paris. Elle semble avoir pour vocation à promouvoir l’homme et ses ambitions politiques, telle le ferait une affiche électorale de nos jours.

extrait du journal "France-Libre" du jeudi 7 décembre 1944

extrait du journal “France-Libre” du jeudi 7 décembre 1944

Georges Prade, licencié ès lettres, journaliste sportif au “Figaro” en 1923, rédacteur en chef de “L’officiel de la couture et de la mode” en 1924, rédacteur en chef de la “Revue bleue”, critique d’art, Conseiller municipal de Paris à partir de 1924 puis conseiller général de la Seine en 1929 a aussi été secrétaire de la direction de la Banque de Paris et des Pays-Bas en 1932. (source data.bnf.fr)

Son histoire se trouble durant l’occupation avec ses relations avec le milieu collaborationniste et les allemands. Décoré de la francisque, emblème du gouvernement de Vichy, il était un familier d’Otto Abetz, ambassadeur d’Allemagne durant le seconde guerre mondiale. Incarcéré quelques temps à la libération, il s’exila en Suisse et revint en France au début des années 1950 où il prit la direction de la commercialisation des produits viticoles d’une importante firme champenoise.

Cette plaquette fait donc exception dans la production d’Alexandre Morlon qui s’était éloigné de la vie parisienne et de son activité de médailleur dès 1940 avec l’arrivée des troupes allemandes et le début de l’occupation.

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