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Notre Dame de l’Air, une plaquette d’Alexandre Morlon

par Gilles Marchand

Notre Dame de l'Air (Alexandre Morlon - Bronze 77mm x 61mm)

Notre Dame de l’Air (Alexandre Morlon – Bronze 77mm x 61mm)

Cette médaille proviendrait de l’église Notre Dame de l’Air d’Athis Mons qui fut détruite en 1957.

Dans la notice décrivant l’objet lors de la vente, il était précisé que « l’histoire de la chapelle Notre Dame de l’Air (Athis-Mons) a été brève mais mouvementée.

Une première chapelle, érigée en 1920 fut démolie en 1937, pour être remplacée par une nouvelle église sur le même terrain. Malheureusement ce terrain se trouvait sur les pistes actuelles de l’aéroport d’Orly. Lors de l’extension de cet aéroport, le terrain fut exproprié et l’église détruite en 1957. »

Croquis d'Alexandre Morlon (début XXe siècle)

Croquis d’Alexandre Morlon (début XXe siècle)

Il est intéressant de noter sa forme particulière en croix latine, parfaitement adaptée à son caractère religieux.

Pour la partie supérieure de l’aile de cette plaquette (notamment le bout qui s’enroule vers le haut) Alexandre Morlon s’est inspiré d’un de ses anciens croquis (voir ci-contre) datant du tout début du XXe siècle et prévu pour la réalisation d’une autre médaille (non retrouvée à ce jour).

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Alexandre Morlon attachait une grande importance à la qualité et à la fidélité de ses œuvres par rapport aux modèles utilisés. Aussi, bien que l’avion représenté sur le bras gauche de la Sainte soit petit et sa réalisation simplifiée, il est toutefois possible de reconnaître (sans grand risque d’erreur) un Dewoitine 520.

Dewoitine 520

Dewoitine 520

Notre Dame de l'Air (Détail avion)

Notre Dame de l’Air (Détail avion)

La ligne élancée de l’avion et surtout son empennage caractéristique ne laissent subsister que peu de doute sur cette identification. Les travaux de conception de cet avion avaient débuté en 1936. Produits en série à partir de novembre 1939, les premiers exemplaires de cet appareil, plus maniable que les chasseurs allemands Messerschmitt Bf 109, furent livrés au début de l’année 1940. Le nombre réduit d’appareils Dewoitine 520 en service au début des combats en mai 1940 ne permis pas à l’aviation française de faire face à la Luftwaffe au cours de la bataille de France.

Ce détail de gravure, ainsi la période de reconstruction de l’église dans laquelle cette plaquette avait été placée permettent de dater cette œuvre d’Alexandre Morlon entre 1937 (date de la démolition de l’ancienne église) et 1940 (date de l’armistice avec l’Allemagne et du début de l’occupation).

Doit-on voir dans la composition même de la plaquette « Notre Dame de l’Air » que l’armée de l’air française mettait, à l’aube du conflit avec l’Allemagne, tous ses espoirs et son salut dans cet appareil ? Ce n’est sûrement pas par hasard qu’Alexandre Morlon a placé cet avion sur le bras gauche de la Sainte pour symboliser la protection sollicitée comme une prière dans la légende « ****NOTRE DAME DE L’AIR ****PROTEGEZ NOUS ».

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